211 milliards d’euros, le chiffre est colossal
Les révélations du rapport sénatorial sur les aides publiques versées aux entreprises sans contrôle ni engagement en matière d’emploi et du produire français a fait sauter des tabous dont celui d’un capitalisme sous perfusion.
211 milliards cela représente le premier poste de dépense publique. 2, 5 fois le budget de l’Éducation nationale. 11 fois celui de la santé et des solidarités. C’est un record européen.
Quels en sont les résultats ?
La France est le pays le plus désindustrialisé d’Europe et, en même temps, celui qui distribue le plus d’aides publiques à ses entreprises, et ainsi le plus de dividendes.
Quelques exemples :
– En 2019, la C.G.T a porté plainte contre Carrefour qui a perçu près de 800 millions d’euros de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en 6 ans. Durant cette même période, Carrefour a supprimé 2.000 emplois. Cerise sur le gâteau : le tribunal a débouté la C.G.T. Au motif que cette aide a été pérennisée sous forme d’exonération de cotisations sociales et non soumise à conditions.
– En septembre 2023, Clestra, leader mondial français de cloisons de bureaux, démantèle le groupe avec licenciements à la clé. Le Ministre est interpellé pour exiger, au moins, le remboursement de 4 millions d’euros de prêt de l’état français, étant donné que les actionnaires n’ont tenu aucun des engagements pris devant le tribunal de commerce. Après vérifications de ses services, le Ministre répond que c’est impossible car Bercy (le ministère des Finances) n’avait pas conditionné le prêt. On croit rêver !
– En 2024, rencontrant le secrétaire général de France 2030, qui pilote le plan d’investissement de 54 milliards d’euros de l’Etat, je l’interroge : comment fait-il pour évaluer les engagements sociaux, environnementaux et industriels des entreprises avant de leur accorder des aides ? Réponse : aucune procédure n’est prévue !
La preuve est faite ! Ces exemples révélés par le rapport sénatorial confirme que le capital dans notre pays est bien biberonné par l’argent public, sans résultat ni contrepartie. Pendant que le gouvernement continue de saigner le financement de la santé, des retraites, de l’éducation, de la solidarité, des collectivités locales…
Section de Sète du PCF à partir du livre 211 milliards de Fabien Gay (éditions de l’atelier)
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